Apres 2 mois passé au terre-plein d’Arzal, Inox attend sagement d’être caréné et repeint a l’antifouling. J’ai pris celui-ci chez J2B, shipchandler très sympathique qui  n’hésite pas à donner de son temps et de ses conseils pour vous aider.

Un passage au nettoyeur haute pression qui curieusement a été plus long du coté rive au mouillage de La Roche Bernard avec quelques concrétions qui  ressemblaient a des éponges.

L’ensemble était relativement propre après 5 ans passé dans l’eau avec seulement 3 sorties annuelles  en mer. Une seule couche d’antifouling cette fois ci et nous sommes prêt pour la mise à l’eau.

Un petit pincement d’incertitude sur les passes-coques en inox, mais aucune fuite n’est a déplorer lors du premier bain.

Deux nouveaux membres sont arrivés à bord :

  •  une éolienne AEROGEN6 montée sur un mâtereau en Inox de chez MPI complète maintenant les sources d’énergie du bord.
  • Un GPS Lowrance 5150C qui nous assurera un confort de navigation sans égal – qu’il est bien de savoir où l’on est quand on navigue entre les cailloux… et quelques fois sans repères côtiers (il y a eu des moments de visibilités bouchées après les grains qui mettent mal à l’aise…)

 

Direction le premier ponton pour finir les préparatifs avant la sortie prévue pour port Joinville a l’ile d’Yeu. Il se trouve que fait exprès c’est ce jour que vient envahir la flottille de PEN BRON qui voit débouler une foultitude de bateau et de marins d’eau douce au sens le plus strict du célèbre capitaine Hadock. Bon sang il me manquait sa solide connaissance de bordée d’injure pour accueillir ces malappris qui sans savoir manœuvrer leur embarcations venaient faire du rase carène auprès d’Inox et surtout de sa partie la plus fragile ; son bout dehors. Jusqu’à cet innocent qui fonçait plein gaz en marche arrière en regardant surtout de l’autre coté et dont les haubans sont passés a moins de 30cm de l’extrémité du balcon.

Le pompon a été la sortie d’écluse ou la marée basse nous attendait ainsi que 4 rangée de bateau dont une navette passager qui filait droit dans le chenal suivi par un touriste en vedette qui n’a rien trouve de mieux que de virer sur place se présentant pratiquement en travers du chenal. Heureusement Inox ne cale qu’1m20 et donc j’ai pu l’éviter de justesse mais au prix de sueurs froides et un échouage de peu sur la berge. Le manche au commande ne s’en est même pas aperçu du moins sui j’en juge à l’air abruti de ces passagers sur la passerelle.

 

Bref après cet intermède qui me conforte que je n’ai aucune envie de rejoindre ce genre de rassemblement, nous voila enfin parti pour notre périple. La sortie de l’estuaire se fera  sans souci majeur et un petit vent (3-4 Beaufort) nous déhale, aidé par le moteur pour maintenir un peu d’allure.

Cap sur les Bayonnelles, puis la bouée de Castouillet et la Ouest Banche que nous verront de nuit reconnaissable aux 9 éclats de son feu.

 

La nuit et sans nuages et sans lune montrant un ciel tout en étoiles, barré de son écharpe de voie lactée. La lune ne se lèvera que vers 3 heures du matin montrant un beau croissant roux.

Vers 23 h , Alec bien calé au poste de barre, la prise en main du GPS installé la veille enfin réalisée pour les principales fonctions (où suis-je, ou vais-je, qu’y a-t-il devant, dans quel étagère….), je vais aller me coucher complètement épuisé des manœuvres de gréement, de matelotage et rangement du bateau.

Je vais enfin m’allonger sur le matelas posé enfin sur  un sommier à latte. Inutile de vous dire le mal fou que j’ai eu à me lever pour le quart suivant vers 2heures du matin.

 

A la relève, nous avons passé le plateau du Four, et au cap de la bouée ouest  Des Bœufs qui va nous amener en visuel du phare de Port Joinville.

Le passage de l’estuaire sera un moment très agréable, le vent est remonté par rafale a 4-5 et permet de maintenir un bon 5-6 nœuds moteur enfin arrêté.

Quel plaisir, être bercé par une petite houle poussé en souplesse par le vent. Je me suis essayé à naviguer en gardant un cap aux étoiles : à priori cela reste faisable mais vite lassant si il n’y en a pas à l’horizon, car j’ai été obligé de garder la tête en l’air pour caler mon cap.

Finalement, je suis revenu aux amers facilement reconnaissables par leurs éclats. Quelle facilité de naviguer de nuit par beau temps ! Et quel spectacle. Nous avons même eu droit a un feu d’artifice ; sans doute quelques fêtes locales à moins que ce ne soit pour saluer Inox dans sa première sortie de navigation nocturne depuis son retour à la mer…

Au petit jour vers 6h Alec se lève, je n’ai pas eu le cœur à le réveiller j’étais bien à la barre, et assister au lever du jour est un spectacle réjouissant.

Je repars faire un dodo et reviens vers 9h pour proposer un petit déjeuner a base de céréales. Boisson chaude plus tard lorsque nous serons au port.

 

A l’approche de port Joinville, le vent refuse progressivement, et à 3 miles nous remettons au moteur, voiles affalées et ferlées pour l’entrée au port. La darse est bien camouflée et il faut vraiment se rapprocher pour apercevoir l’entrée et l’alignement des feux. L’entrée est assez étroite et protège bien le port de plaisance qui est caché derrière un virage a angle droit sur bâbord.

Une très gentille voix féminine à la VHF m’indique que je peux mouiller juste au pied de la capitainerie.

L’appontage sera fera sans problème, le vent aimablement nous portant sur le ponton.

Apres un bref amarrage (je laisse Alec finir l’ajustage des aussières) je file aux formalités administratives et hygiéniques nécessaires après cette nuit passé en navigation.

 

Une petite journée a bord de l’ile – courses de poissons et légumes en ville – 2 Vives qui feront un repas de choix après les avoir amputées de leur épine dorsale (venimeuse). Nuit très appréciée et lever aux heures de farniente, nous partons après avoir installé le compas de route a l’extérieur du cockpit à toucher le vitrage de la capote – il sera parfaitement aligné et sans (presque) aucune déviation notable comparée au cap du GPS.

A défaut de perceuse, un tourne à gauche une bonne mèche à bois et de l’huile de coude permettent de percer les 3 trous pour le passages des vis de fixation sur le pont.

 

La météo du martin nous annonce du beau temps sans coup de vent ; nous voyons approcher un ciel gis très très sombre.

Sans trop croire a un coup de tabac, nous sortons de Port Joinville et mettons tout dessus : génois lourd, trinquette, GV et artimon. Le vent 4-5 avec de petites rafales à 6 nous emmène au-delà de 5 nœuds et je descends faire mes écritures à la table à cartes laissant Alec a la barre.

 

Tout a coup je sens une vibration arriver sur Inox qui se couche gentiment sur son bouchain et m’envoi me promener sur la couchette de navigation. J’enfile mon gilet tant bien que mal et arrive au cockpit après la bagarre, et je vois Alec le visage grave, me dire calmement : «  on a eut du 9 la mer était blanche, Inox et monté entre 8 et 9 nœuds au GPS… » Youpii hourra !!! c’est simplement génial sentir le bateau filer avec souplesse sur une mer qui n’a pas eu le temps de se former.

Seule ombre, la tendance au lof malgré les 2 voiles d’avant – je soupçonne l’artimon d’être trop dimensionné et donc il faudra le réduire pour garder une route au prés dans les rafales qui se suivront pendant les prochaines heures.

 

En début de soirée nous arriverons dans la Vilaine pour nous amarrer sur une bouée Sagemor en attendant l’écluse du lendemain.

Elle sera passée lendemain avec bobos.

Préférer de loin l’entrant bâbord – mais qui malheureusement était déjà occupée par un pécheur avec sa coque de noix (8m au max). L’éclusier du jour pas très percutant voulait nous mettre à couple car seule la petite écluse était ouverte : il ne restait pas plus de 50 cm à l’étrave et à la poupe. Le rappel lors de la mise à flot était tellement fort que nous avons casse le cabochon du feu de navigation arrière malgré une vigilance au moteur, et une chaine d’écluse… Ah Dominique ; si tu avais été là…

 

Retour à La Roche Bernard à l’anneau après une dernière virée au ponton des Copains d’A Bord pour descendre les bagages.

 

Voila – Inox montre qu’il est un bateau extraordinaire et sur pour le voyage et le gros temps.  Il demande encore un peu plus d’énergie qu’un bateau actuel mais au total il est très agréable. Un confort sans conteste à la gite et la tonture pont prend là toute son intérêt et le déplacement du gabier devient une ballade de printemps !

Coté moteur, notre Nanni 85 TD nous a emmené à 5 nœuds à 1200 T/mn pour une consommation d’environ 2.2 litres/heure de GO… pas mal pour bouger les 22 tonnes d’Inox – j’inclus ici les montées en régime pour les manœuvres (et il y en a eu quelques unes).

Un dernier mot : la mise en place est un jeu d’enfant avec le moteur et les gardes ; il ne sert a rien de s’épuiser à tracter Inox si le moteur est opérationnel : un bon point d’attache de l’étrave vers l’arrière et à petite vitesse le brave se range sagement le long du quai ou s’en éloigne pour en sortir…

Bon vent !

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