biographie Marcel  -   Marcel écrivain - Accueil

Bienvenue: Entre 2 tours du monde est dédié à la seconde vie d'Inox, bateau mythique construit et skippé par Marcel Bardiaux sur tous les océans pendant 40 ans

A 86 ans, Marcel  est de retour en France traversant l'Océan Atlantique Nord, ramenant en entier bateau en France, après un échouage mémorable à "la pointe aux Maquereaux" en Gaspesie, au Nord Est du Canada.

INOX reste échoué pendant 3 longues journées sur les rochers de granit, avant l'intervention des gardes-côtes.

Recueillis et aidé par Robert P., Inox  est réparé et renfloué plus d'un an après son naufrage.

Marcel décède à bord en février 2000.

Inox est alors dans les eaux calmes du port de Redon.

INOX entre dans l'association des OLD GAFFERS, FTBV (Flotille Traditionnelle de la Basse Vilaine) en 2003, comme bateau d'exception, grâce à la gentillesse et à la chaleur de ses membres,  rendant un hommage à l'oeuvre de MARCEL BARDIAUX

DERNIERES NOUVELLES!!!

Juin 2011- A/R Ile d’Yeu

Apres 2 mois passé au terre-plein d’Arzal, Inox attend sagement d’être caréné et repeint a l’antifouling. J’ai pris celui-ci chez J2B, shipchandler très sympathique qui  n’hésite pas à donner de son temps et de ses conseils pour vous aider.

Un passage au nettoyeur haute pression qui curieusement a été plus long du coté rive au mouillage de La Roche Bernard avec quelques concrétions qui  ressemblaient a des éponges.

 L’ensemble était relativement propre après 5 ans passé dans l’eau avec seulement 3 sorties annuelles  en mer. Une seule couche d’antifouling cette fois ci et nous sommes prêt pour la mise à l’eau.

Un petit pincement d’incertitude sur les passes-coques en inox, mais aucune fuite n’est a déplorer lors du premier bain.

Deux nouveaux membres sont arrivés à bord :

·          une éolienne AEROGEN6 montée sur un mâtereau en Inox de chez MPI complète maintenant les sources d’énergie du bord.

·         Un GPS Lowrance 5150C qui nous assurera un confort de navigation sans égal – qu’il est bien de savoir où l’on est quand on navigue entre les cailloux… et quelques fois sans repères côtiers (il y a eu des moments de visibilités bouchées après les grains qui mettent mal à l’aise…)

 

Direction le premier ponton pour finir les préparatifs avant la sortie prévue pour port Joinville a l’ile d’Yeu. Il se trouve que fait exprès c’est ce jour que vient envahir la flottille de PEN BRON qui voit débouler une foultitude de bateau et de marins d’eau douce au sens le plus strict du célèbre capitaine Hadock. Bon sang il me manquait sa solide connaissance de bordée d’injure pour accueillir ces malappris qui sans savoir manœuvrer leur embarcations venaient faire du rase carène auprès d’Inox et surtout de sa partie la plus fragile ; son bout dehors. Jusqu'à cet innocent qui fonçait plein gaz en marche arrière en regardant surtout de l’autre coté et dont les haubans sont passés a moins de 30cm de l’extrémité du balcon.

Le pompon a été la sortie d’écluse ou la marée basse nous attendait ainsi que 4 rangée de bateau dont une navette passager qui filait droit dans le chenal suivi par un touriste en vedette qui n’a rien trouve de mieux que de virer sur place se présentant pratiquement en travers du chenal. Heureusement Inox ne cale qu’1m20 et donc j’ai pu l’éviter de justesse mais au prix de sueurs froides et un échouage de peu sur la berge. Le manche au commande ne s’en est même pas aperçu du moins sui j’en juge à l’air abruti de ces passagers sur la passerelle.

 

Bref après cet intermède qui me conforte que je n’ai aucune envie de rejoindre ce genre de rassemblement, nous voila enfin parti pour notre périple. La sortie de l’estuaire se fera  sans souci majeur et un petit vent (3-4 Beaufort) nous déhale, aidé par le moteur pour maintenir un peu d’allure.

Cap sur les Bayonnelles, puis la bouée de Castouillet et la Ouest Banche que nous verront de nuit reconnaissable aux 9 éclats de son feu.

 

La nuit et sans nuages et sans lune montrant un ciel tout en étoiles, barré de son écharpe de voie lactée. La lune ne se lèvera que vers 3 heures du matin montrant un beau croissant roux.

Vers 23 h , Alec bien calé au poste de barre, la prise en main du GPS installé la veille enfin réalisée pour les principales fonctions (où suis-je, ou vais-je, qu’y a-t-il devant, dans quel étagère….), je vais aller me coucher complètement épuisé des manœuvres de gréement, de matelotage et rangement du bateau.

Je vais enfin m’allonger sur le matelas posé enfin sur  un sommier à latte. Inutile de vous dire le mal fou que j’ai eu à me lever pour le quart suivant vers 2heures du matin.

 

A la relève, nous avons passé le plateau du Four, et au cap de la bouée ouest  Des Bœufs qui va nous amener en visuel du phare de Port Joinville.

Le passage de l’estuaire sera un moment très agréable, le vent est remonté par rafale a 4-5 et permet de maintenir un bon 5-6 nœuds moteur enfin arrêté.

Quel plaisir, être bercé par une petite houle poussé en souplesse par le vent. Je me suis essayé à naviguer en gardant un cap aux étoiles : à priori cela reste faisable mais vite lassant si il n’y en a pas à l’horizon, car j’ai été obligé de garder la tête en l’air pour caler mon cap.

Finalement, je suis revenu aux amers facilement reconnaissables par leurs éclats. Quelle facilité de naviguer de nuit par beau temps ! Et quel spectacle. Nous avons même eu droit a un feu d’artifice ; sans doute quelques fêtes locales à moins que ce ne soit pour saluer Inox dans sa première sortie de navigation nocturne depuis son retour à la mer…

Au petit jour vers 6h Alec se lève, je n’ai pas eu le cœur à le réveiller j’étais bien à la barre, et assister au lever du jour est un spectacle réjouissant.

Je repars faire un dodo et reviens vers 9h pour proposer un petit déjeuner a base de céréales. Boisson chaude plus tard lorsque nous serons au port.

 

A l’approche de port Joinville, le vent refuse progressivement, et à 3 miles nous remettons au moteur, voiles affalées et ferlées pour l’entrée au port. La darse est bien camouflée et il faut vraiment se rapprocher pour apercevoir l’entrée et l’alignement des feux. L’entrée est assez étroite et protège bien le port de plaisance qui est caché derrière un virage a angle droit sur bâbord.

Une très gentille voix féminine à la VHF m’indique que je peux mouiller juste au pied de la capitainerie.

L’appontage sera fera sans problème, le vent aimablement nous portant sur le ponton.

Apres un bref amarrage (je laisse Alec finir l’ajustage des aussières) je file aux formalités administratives et hygiéniques nécessaires après cette nuit passé en navigation.

 

Une petite journée a bord de l’ile – courses de poissons et légumes en ville – 2 Vives qui feront un repas de choix après les avoir amputées de leur épine dorsale (venimeuse). Nuit très appréciée et lever aux heures de farniente, nous partons après avoir installé le compas de route a l’extérieur du cockpit à toucher le vitrage de la capote – il sera parfaitement aligné et sans (presque) aucune déviation notable comparée au cap du GPS.

A défaut de perceuse, un tourne à gauche une bonne mèche à bois et de l’huile de coude permettent de percer les 3 trous pour le passages des vis de fixation sur le pont.

 

La météo du martin nous annonce du beau temps sans coup de vent ; nous voyons approcher un ciel gis très très sombre. 

Sans trop croire a un coup de tabac, nous sortons de Port Joinville et mettons tout dessus : génois lourd, trinquette, GV et artimon. Le vent 4-5 avec de petites rafales à 6 nous emmène au-delà de 5 nœuds et je descends faire mes écritures à la table à cartes laissant Alec a la barre.

 

Tout a coup je sens une vibration arriver sur Inox qui se couche gentiment sur son bouchain et m’envoi me promener sur la couchette de navigation. J’enfile mon gilet tant bien que mal et arrive au cockpit après la bagarre, et je vois Alec le visage grave, me dire calmement : «  on a eut du 9 la mer était blanche, Inox et monté entre 8 et 9 nœuds au GPS… » Youpii hourra !!! c’est simplement génial sentir le bateau filer avec souplesse sur une mer qui n’a pas eu le temps de se former.

Seule ombre, la tendance au lof malgré les 2 voiles d’avant – je soupçonne l’artimon d’être trop dimensionné et donc il faudra le réduire pour garder une route au prés dans les rafales qui se suivront pendant les prochaines heures.

 

En début de soirée nous arriverons dans la Vilaine pour nous amarrer sur une bouée Sagemor en attendant l’écluse du lendemain.

Elle sera passée lendemain avec bobos.

Préférer de loin l’entrant bâbord – mais qui malheureusement était déjà occupée par un pécheur avec sa coque de noix (8m au max). L’éclusier du jour pas très percutant voulait nous mettre à couple car seule la petite écluse était ouverte : il ne restait pas plus de 50 cm à l’étrave et à la poupe. Le rappel lors de la mise à flot était tellement fort que nous avons casse le cabochon du feu de navigation arrière malgré une vigilance au moteur, et une chaine d’écluse… Ah Dominique ; si tu avais été là…

 

Retour à La Roche Bernard à l’anneau après une dernière virée au ponton des Copains d’A Bord pour descendre les bagages.

 

Voila – Inox montre qu’il est un bateau extraordinaire et sur pour le voyage et le gros temps.  Il demande encore un peu plus d’énergie qu’un bateau actuel mais au total il est très agréable. Un confort sans conteste à la gite et la tonture pont prend là toute son intérêt et le déplacement du gabier devient une ballade de printemps !

 

Coté moteur, notre Nanni 85 TD nous a emmené à 5 nœuds à 1200 T/mn pour une consommation d’environ 2.2 litres/heure de GO… pas mal pour bouger les 22 tonnes d’Inox – j’inclus ici les montées en régime pour les manœuvres (et il y en a eu quelques unes).

 

Un dernier mot : la mise en place est un jeu d’enfant avec le moteur et les gardes ; il ne sert a rien de s’épuiser à tracter Inox si le moteur est opérationnel : un bon point d’attache de l’étrave vers l’arrière et à petite vitesse le brave se range sagement le long du quai ou s’en éloigne pour en sortir…

Bon vent !

 

Été 2010

Une bonne semaine de travaux, assez contrariante par des travaux de peinture qui n'avançaient pas et des ennuis de dernières minutes pour installer le nouveau réservoir à gasoil.
J'ai donc été prêt le soir du 4eme jours de retard suivant et j'ai fait route initialement pour l'ile d'Yeux le lendemain matin a l'aurore.

Mais pétole et grosse erreur de navigation m'ont forcé à faire demi tour devant Le Croisic et mouiller au nord d'Hoëdic pour passer la nuit.


Las - le 4eme mouillage a été le bon après avoir vu Inox déraper sur son ancre aux 3 emplacements précédents. Merci Mr Guindeau (dont c'etait la première sortie) car à cet exercice je serai mort d'épuisement avec le matériel de Marcel... et le fiston lui a trouvé génial de faire du pousse-bouton pour descendre et monter l'ancre.

Il en aurait fait encore 3 ou 4 si cela n'avait tenu qu'a lui!
 

Le lendemain, le réveil est un peu nerveux car bercé par une méchante houle et Inox qui se rapprochait un peu trop de la cote. Sous un ciel menaçant le un vent qui commençait à monter en force, je decide de partir plus tôt et de passer une nuit au calme. Un appel au Crouesty pour réserver une place... enfin quand j'y serai.
 
Donc démarrage au moteur, levée de l'ancre et zou, je monte timidement la grand voile, puis le genois. Voyant Inox se réveiller enfin après la pétole du jour d'avant, je décidé d'envoyer l'artimon, et c'est sous un force 5 établi (peut être avec un peu de 6) que nous arrivons au Crouesty, 2 heures avant l'horaire prévu!

J'en avais le cœur gros car le pépère filait vraiment bon train et il ne demandait qu'a courir l'eau devant l'étrave... Inox est vraiment un bateau qui s'épanouit à partir de 5 - 6 Beaufort et doit être au top à 7. A verifer lors d"une autre ballade - lorsque les autres bateaux sont rentrés amarrés au ponton.


L'arrivée dans le chenal du Crouesty a été sketch: un grain nous bouche la 2eme bouée du chenal et évidemment l'avant port. On reste donc dehors faire des ronds dan l'eau à finir de ranger les voiles, mettre les pares -battages et les amarres à poste; on profite d'une accalmie pour entrer et nous amarrer a une place royale en face de la capitainerie.


On retrouve la des potes du bateau (Skald) rencontrés 2 jours avant a LRB.

 Apéro et soirée crêpe et finalement un jour de plus pour faire du shopping et du rangement.
 
Le surlendemain départ prévu aux aurores pour Belle Ile... est reporté pour cause d'embouteillage. Entre le trafic entrant, sortant et les attentes au ponton gasoil, une heure se passe avant de pouvoir profiter d'un moment de calme et s'échapper vers le large.


Le Crouesty est sympa, un accueil à la capitainerie très cordiale qui me fait profiter du Service de Rade.

Il vous évite des km a pieds pour se rendre aux 4 coins du port pour des courses, aux formalités de port ou au toilettes!
Celles ci sont d'ailleurs digne d'un hôtel 3 étoiles comme leurs douches: chaudes et généreuses.
 
Donc voile vers Belle Ile que nous feront pour moitié au moteur (vent de face et pétole) je mettrai un certain temps avant de reconnaitre le phare de la Teignouse... et ceci me décide a prioriser mon prochain investissement: un GPS traceur!

 

C’est quand même mieux de savoir ou l'on est... après avoir murement réfléchi à la route selon la météo et les désidérata de l'équipage.
Nous atteignons Belle Ile dans l'après midi et la séquence mouillages foirés se répète: Nous recommençons à déraper sur le sable du fond de la baie face au fort Vauban... je plonge avec la bouteille au 4eme essai pour enfoncer l'ancre et balancer 30m de chaine sur un fond de 6m - ca à l'air de tenir...

Un petit tour a la capitainerie qui m'a offert d'aller rejoindre le port a flot (clôturé par une porte a marée) et m'indique que les bouées des vedettes sont disponibles pour la nuit après le départ de celles ci vers 19h.
 
Donc retour fissa sur Inox avant qu'un autre ne prenne d'assaut les quelques bouées restantes, on remonte l'ancre et accrochons une bouée tenant habituellement un petit ferry.
Rassuré par le mouillage, on repart en ville en goguette et petite visite du Palais, de son port, du fort de ses glaciers et des ses bars...!


Dodo pas trop mal sauf une méchante houle qui nous secoue et une nuit sans vent. Résultat pas beaucoup dormi entre le roulis et le "klong klong" de l'anneau de bouée martelant l'étrave et ce malgré les 4 mètres de  mou liberé à 3h du mat à la lampe de poche...
 
Le lendemain la météo est devenue médiocre: crachin avec peu de visibilité et vent mou: retour sur Houat au moteur et une traversée au sud de l'ile au Chevaux les fesses serrées: je n'ai vu le chenal des "soeurs" qu'au milieu et à 2 nautiques au nord de celles ci au beau milieu des cailloux...


Jai du ressembler a un caméléon avec un œil sur le sondeur, un autre sur la carte, le 3eme sur le cap et le dernier faisant des tours d'horizon a la jumelle pour repérer des bouées ... invisibles.

Et oui: cherchez des repères qui se sont déplacés parce que vous n'êtes pas au bon endroit...
 
Confirmation de la décision d'acheter un GPS avec carte intégrée car décidément je vais mourir jeune a continuer à naviguer ainsi...
Donc petit relâchement dans le bas du dos après avoir passé le cap sud de Houat et mis celui-ci sur la bouée de la Recherche que je verrai pour la 1ere fois depuis mes navigations dans le golfe. (eh quand je vous disais que j'avais un petit souci... que celui qui ne s'est jamais paumé me jette le premier seau d'eau)
Le vent commence à porter à ce  moment la et nous faisons voile pendant 3 heures avant de remettre le moteur pour arriver sur le chenal de la Vilaine.
 
Avant de nous engager dans le chenal, face a la "Grande Accoche" je tente une petite démonstration de cape au fiston pour montrer que le bateau... ne s'arrête pas comme c'est dit dans les manuels de voile!!!

En affet le génois bordé à contre à mort ou partiellement, les autres voiles lachées, puis descendues; barre à contre toute, Inox continue avec un certaine derive à avancer.

Je n'ai pas sauté a l'eau pour voir si je pouvais le rattraper, et il faut que je tire cela au clair, car cela marche sur tous les bateaux avec lesquels j'ai navigué. Inox serait’ il rebelle à la cape???
 
Le passage d'écluse a été un grand moment:

arrivé en 1er au vent du ponton d'attent, les petits camarardes sont venus se mettre a couple avec plaisir: pensez donc; un bateau vedette, et une place de choix pour se déhaler.

Mais avec un vent forcissant d'heure en heure et seulement 3 passages programmés, plus de 40 bateaux se sont agglutinés autour de nous. J'ai du refuser qu'une 4eme rangée se mette a couple au vent: mes pare battages commençaient a faire la tète avec plus de 30 tonnes poussant sur le ponton.
 
Finalement nous passons à la dernière écluse à seulement 4 bateaux. Mais bon; le vent n'ayant pas molli, Inox m'a fait transpirer pour le mettre en place.
La manœuvre d'accroche de la chaine arrière s'est très bien passé et puis allez savoir pourquoi, j'ai souqué l'amarre avant que mon fils ait eu le temps d'attraper la chaine d'avant.

Résultat - Inox complètement en travers de l'écluse - à écraser 2 petits voiliers en plastique qui s'étaient aventuré un peu vite avant que nous ayons fini la maoeuvre d'amarrage - et refusant obstinément de revenir le long du mur d'écluse. et ce malgrè les injonctions du capitaine et du moteur...
Un moment de solitude m'a étreint alors... et là Zorro est arrivé:

Dominique l'éclusier se montre magnanime et super efficace: un bout frappé à la proue lui est lancé- il le fixe sur le quai, en arrière de la poupe puis sur ses indications je lâche lentement l’amarre arrière et mets marche avant au ralenti avec la barre à toute vers le mur à atteindre: le miracle se produit et  Mr Inox commence à bouger tout doucement et vient se mettre le long.

Un dernier coup de barre en sens inverse et le pépère est parallèle au mur. La chaine qui nous narguait a 6 ou 7 mètres de là pend lamentablement a notre merci a moins de 50cm...
Retour a l'anneau face a LRB vers 21h épuisés mais contents de notre virée.

Pâques 2010: photos dans le coin des lecteurs

Un mea culpa : j’ai sauté l’été 2009, qui a été studieux : j’ai complété l’armement du bord : ajouté un guindeau électrique et 150 kilos de chaine de 12mm en complément de l’impressionnant mouillage créé par Marcel. La pose a été relativement simple, un sérieux coup de main de Marc/Quid’Ham nécessaire pour avoir la main et l’avis tout au long du travail. Il reste a régler le problème de l’évacuation d’eau par l’écubier : Marcel n’avait pas prévu de vidange automatique du crash box avant (hormis l’ouverture des toilettes que je vais probablement utiliser). Bon ce n’est pas encore gagné et je souhaite m’affranchir d’une pompe de cale ; solution la + directe mais qui me pose un problème d’éthique : installer un système mécanique/électrique si je peux m’en passer.

Pensez donc : deux longueur (15 et 30m) de chaine fabriqué à la main dans de la tige d’inox de 17mm pour un poids avoisinant les 300kgs complétées par 2 ancres « légères » de 40kg chaque (fabriquée dans le même métal par le même homme), et une ancre de mouillage de 80 kg. Juste de quoi tenir un beau bébé de plus de 20 tonnes sagement au mouillage…Marcel a bien pensé au guindeau qui est intégré dans le pied de mat. Mais, car il y a un mais… vous l’aurez imaginé, l’ensemble est sérieusement lourd a mettre en œuvre – il n’y a pas de palan à poste, et le guindeau surmultiplié ne permets pas une remontée rapide du mouillage. J’ai du à l’occasion détacher l’ancre du fond et partir au large, avec  7 ou 10 mètres de chaines avec son lest au bout patiemment remonter l’ensemble avec un bateau en marche au large de la cote et des autres bateaux. C’est un inconvénient de la manœuvre en solitaire avec un matériel aussi… « rustique ».

Il en est allé de même pour le gréement que je dois sérieusement revoir : à un peu plus de cinquante ans (je commence à parler de moi ce doit être l’âge… J) il y a des aides à la navigation qui deviennent utiles voire indispensables pour rester dans la marge de sécurité. Je n’ai pas envie de rester en villégiature sur le pont quand sa souffle et personne à la barre…

Transition vers les 2 nouveaux winchs Lewmar qui remplacent les anciens Goiots qui trônent au Café du Commerce de La Roche Bernard entre les ouvrages de Marcel et le récepteur radio a lampe (en état !). Self tailing – rutilant je les ai positionné en retrait des Goiots pour libérer les passavants et réduire l’angle d’inclinaison pour éviter le sur-pattage. C’est la que commence la première transformation : je ramène toutes les écoutes (Génois, trinquette, GV dans le cockpit.

Deuxième étape de transformation : la pose de bloqueurs (pianos) pour les écoutes des voiles : l’espace cockpit/passavant est trop exigu pour installer plus d’un winch : il me faut utiliser le même pour 3 voiles. Ce n’est pas gênant car toutes les voile sauf le génois sont auto vireuses et donc ne nécessite pas de changement lors de virement de bord sur un même angle bâbord/tribord. Je l’avais constaté lors des sorties précédentes – et quand bien même serait-ce le cas, les winchs me permettent de faire les réglages beaucoup plus rapidement que dans le montage d’origine. Autre avantage : les écoutes filent le long du bord et ne courent plus sur le pont.

Troisième étape  à venir : raccourcir le plan de voilure en ramenant l’étai sur l’étrave comme à l’origine : le balcon est plus source de problème en cabotage et manœuvre de port qu’utile d’une part et d’autre part je voudrai vérifier l’équilibre sous voile avec plus de surface sur l’avant, en réduisant celle de l’artimon. Donc on pose un enrouleur et son génois sur étrave.

Et pourquoi diable veut-il changer l’artimon : pour 2 raisons : 1) remonter la hauteur de bôme qui aujourd’hui me coupe la tète a chaque virement de bord (ca fait vraiment mal a petit vitesse – alors en plein empannage je vous laisse imaginer ce qui reste des pauvres neurones…) et 2) je veux également changer le système de prise de ris et donc de type de voile.

Et la je sens les puristes de l’histoire commencer à chagriner : mais qu’est-ce qu’il nous fait là ???... !!! il va tout changer le bateau !

Et bien oui – partiellement :le système à rouleau a ces adeptes et ses détracteurs. Celui que Marcel a installé date de plus de 40 ans – fonctionne toujours – mais n’est pas vraiment adapté à une réduction rapide de la voilure ; il déforme le tissu et endommage le plan de voile (et celles du bord méritent leur remplacement). Donc j’opte pour un système de ris rapide avec un rappel des drisses traversant les bômes.

Voilà pour les dernières infos – je poste quelques clichés dans le coin des lecteurs.

Bon vent !

Pâques 2009: photos dans le coin des lecteurs

Encore un p'tit tour dans l'estuaire après 1 semaine de travaux:

  • Remplacement de la capote de cockpit qui après plusieurs années de service avait for mauvaise mine: Fin (marin et homme a (presque) tout faire) fut le magicien de cette réalisation.
  • Ouverture de caissons pour permettre un rangement plus classique de tous ce qui doit être accessible rapidement, ou de manière quotidienne - aliments, vaisselle (eh oui, les casseroles et cocotte minute sont quand même mieux dans les coffres qu'a jouer au foot dans le roulis...)
  • Pose de panneau en CP de 5mm qui font sommiers de bannette et couvercles des coffres: là il faut tirer un coup de chapeau à Noël qui avec patience, ingéniosité et maîtrise du travail du bois a calé au millimètre près les planches: du grand art!!!
  • Entre temps il a fallu vider le fond des 2 réservoirs d'eau de 250 litres pour nettoyer les fonds et les parois gracieusement recouverts d'une fine couche de boue ... merci l'adduction d'eau du ponton. Ceci m'a amener a bricoler un pré filtre de remplissage repris de ceux posé pour les habitations: résultat correct, on perd un peu de débit mais avec un filtre 30 microns, cela évite pas mal de résidus. ne pas oublier de remettre un bon paquet de bicarbonate de sodium, qui donne ce goût inimitable d'eau gazeuse et "aseptise" celle du réservoir.
  • Pose de lattes de parquet en bois exotique remplaçant celles qui après 40 années de bons et loyaux services tombaient en morceaux!
  • CONSTERNATION quand il a fallu monter la trinquette retaillé par un atelier local: malgré un marquage sur la voile, la coupe dépasse la bôme de trinquette de 40cm sous celle-ci. Résultat: démontage de la bôme pour la sortie, le point d'écoute rase le pont mais permet quand de se servir de la voile. par contre on oublie la bôme qui permet de réduire la voilure par enroulement... Je l'ai ramené à la maison pour refaire le boulot fort cher payé... Au fait petite astuce en passant: j'ai fait faire d'autres travaux de reprise d'un foc encore en bon état avec pose de mousqueton à frapper en inox... je vous conseille d'aller faire un tour sur le web: j'ai payé 25€ le mousqueton Winchard lors des travaux, et en ai trouvé à 2,50€ (en inox, mais pas Winchard) que j'ai monté moi même. cela prend entre 1 à 3 minutes par mousqueton selon la docilité de la ralingue...

Puis sortie passer une nuit à l'ile Dumet - car le souffle de vent ne nous même pas permis de gonfler les voiles pour envisager Le Croisic ou Houat... Monsieur Nanni nous a donc for courtoisement et régulièrement propulsé jusqu'au mouillage... Arrivée vers 21h, le temps de mouiller correctement avec orin, on se retrouve a gonfler l'annexe pour un débarquement à la découverte d'une île déserte d'humain et habitée d'une faune oiselière sauvage. quelques photos les pieds mouillés par un débarquement acrobatique. Essayez de rester en équilibre debout sur un canot gonflable à l'approche de la plage ou se roulent les derniers moments d'une houle (petite certes) et d'éviter que le boudin ne racle sur les galets au moment ou vous avez décidé de changer de sol... et bien le résultat fait plouf!

Le temps de prendre des photos et zou, de retour à bord pour un dîner classique et abondant arrosé d'un vin sans prétention mais très gouleyant avec l'équipage du moment le plus éclectique a vu à bord: Marc de Quid'Ham, Anne Marie et Noël, 2 Savoyards skieurs et plongeurs à la rencontre de l'estuaire Morbihannais. Vous les verrez peut-être dans les prochains mois sillonner la Vilaine, voire encore plus loin à bord d'un bâtiment de marine  à déterminer.

Une nuit très agréable sous la lumière d'un ciel bleu d'étoile nous a écouté papoter jusque tard dans la nuit à refaire le monde et parler de nos expériences respectives tant marines que terrestres.

Le lendemain, la moitié de l'équipage file à la découverte de l'ile tandis que l'autre ( le capitaine et Marc) se charge de la toilette d'Inox à grand coup de seaux d'eau sur les voiles et grattant le pont des moisissures et autres lichens qui y ont trouvé refuge. Un facétieux photographe a immortalisé le quart de nettoyage du capitaine (à quatre pattes le fessier en l'air) que seule la décence m'empêche de montrer publiquement.

Nous remettons les voiles à la manoeuvre et déhalons gentiment après une ronde de bateaux de pêche posant filets et casier à quelques dizaines de mètres du mouillage. Ce doit être une coutume locale, l'ayant déjà vécue l'été précédent où seul à bord à éviter en zigzag les bouées de ces charmants amateurs de poissons et fruits de mer j'ai transpiré tout ce que savais pour déhaler l'ancre et la chaîne à la main - en attendant investir et installer un guindeau électrique. Le retour se fait toutes voiles dehors par un vent arrière qui nous fait rouler lentement mais suffisamment pour m'obliger à faire mon premier point Sextant pendant... 20 minutes! Je salue ici très bas tous les navigateurs de petites unités pour leur dextérité et leur patience à n'avoir pas fichu ce foutu appareil à l'eau plus tôt.

J'ai fait l'acquisition il y a 8 ans d'un Sextant Russe qui a la particularité de montrer une image inversée: le soleil se retrouve dans l'eau sous l'horizon, et donc oblige a apprendre à inverser les gestes de poursuite du soleil: s'il va à gauche... surtout aller le chercher à droite!  et quand vous avez finalement fini par coincer ce salopard, monter le sextant pour voir descendre l'horizon et si entre temps vous n'avez pas craqué sous les crampes vous aurez eu le bonheur de le fixer pour une seconde. Après vous êtes déjà quelques nautiques ailleurs sur la carte!

Le retour à l'anneau s'est fait sans trop de problème surtout avec la pendille à poste entre les bouées du corps mort: MERCI à Christophe et son équipe encore une fois pour leur gentillesse et amabilité - ils ont posé le bout acheté quelques jours plus tôt et m'ont donc épargnés un temps précieux à bord.

A bientôt - et bon vent!

Juillet 2008 : PREMIERES SORTIES DEPUIS 7 ANS DE REPOS FORCE

2 fois 2 jours de sorties la première avec 2 équipiers novices en voile mais qui ont fort bien intégré l'humeur un peu angoissée du capitaine aux manœuvre d'écluse d'Arzal, puis plus tard lors de la nuit en mouillage a l'Est de l'ile Dumet: un œil périodique pour vérifier l'alignement et surtout le rapprochement des hauts fonds signalé sur la carte Navicarte et SHOM. Mais a part un peu de houle et quelques rafales dans la nuit, rien n'est venu perturber le sommeil de mes 2 marins. Le capitaine lui par contre avait l'œil vaseux le lendemain, car après une arrivée vers 23h, mouillage compris, le réveil était donné pour 6h30, mon neveu d'équipier avait rendez vous avec un avion à Nantes dans l'après midi. Donc c'est dans un état semi comateux que j'ai fait le retour, avec un salut inattendu d'un ULM pendulaire a flotteurs de type hydravion.

Lors de cette sortie ainsi que la suivante nous avons été salué avec chaleur par beaucoup d'autres équipages et certains nous ont vraiment envoyé des signes de sympathie. Je remercie ces manifestations, tant elles rendent hommages à Marcel Bardiaux avant tout et elles récompensent quelque part les longues années de travaux pour remettre Inox à la mer. J'espère pouvoir limiter dans le temps les travaux nécessaires à la modernisation du gréement (faciliter les prises de ris - 500 tours de manivelle pour enrouler la GV, 370 pour l'artimon).

Il y a peut - être un méthode plus rapide avec l'accastillage actuel mais elle reste un mystère. j'envisage donc de profiter du remplacement des voiles qui tiennent plus du sac de marin, pour mettre des prises de ris rapide et modifier en conséquences les bômes pour y mettre des réas. quant au mouillage, celui de l'anse de Suscinio pris entre 2 cardinales vers 23h30 et celle de Houat ont été particulièrement éprouvant à remonter. les 2 relevages ont été fait à la main... l'ancre de 40 Kg et la chaine en maillon Bardiaux de 15mm (que j'estime a 60- 70Kg);  pour la première, de charmants pécheurs ont entouré Inox de casiers et il a fallu manœuvrer seul (et oui, la 2eme sortie a été faite en solo) en remontant le mouillage et cavaler sur le pont entre la barre et la bitte d'amarrage de proue.

Mais Marcel a fabriqué un équipement absolument génial que je recommande a tout bateau: une empreinte de maillon en acier fixée sur le pont. le principe est alors simple: il suffit de présenter un maillon sur ce "taquet" d'appuyer pour le rentrer et la chaine se trouve bloquée instantanément. Il suffit de donner un coup bref vers le haut pour libérer la chaine, soit pour le mouillage, soit pour continuer de monter la chaine.

Donc la 2eme sortie a été faite en "solo" histoire de voir si je pouvais manœuvrer Inox sans équipier. la conclusion est oui - MAIS. Mais, comme je l'ai indiqué plus haut: il faut installer un guindeau électrique pour éviter de tomber d'épuisement ou de risquer de se mettre en difficulté (à la côte, ou sur d'autres bateaux), changer le maniement des voiles pour la réduction des ris. Ensuite, d'autres accessoires tels que régulateur d'allure et/ou pilote automatique, radar pour la veille seront utiles.

Inox fait route rectiligne par vent établi au près et travers, je l'ai vérifié et cela m'a permis de prendre des photos du balcon et de rester admirer l'étrave plonger dans la vague appuyé sur le foc. par contre il a une tendance de "sale gosse" à remonter au vent par vent arrière ou bon plein surtout quand il y a un peu de houle et je pense que l'écart de dimension entre l'artimon et le foc de route (je n'ai pas de Génois) est à l'origine de ce comportement.

les seuls moments qui sont encore sensibles sont les manœuvres de ports ou d'écluse lorsqu'il y a du vent: Inox est très allégé  depuis 2001 et il a perdu presque 10 tonnes (en vidages des soutes et caissons de matériels et autres bricoles que Marcel a accumulé en 40 ans de vie. la ligne de flottaison est remontée de 15 cm... le revers de la médaille est un roulis plus important au mouillage. Marcel m'avait indiqué qu'Inox avait un meilleur comportement a la mer après le vidage des réservoirs à mazout (1200 litres) qui n'a jamais servis: il a donc vidé la boue de gasoil mais celui-ci a imprégné le métal et je dois envisager l'application d'une peinture pour éliminer les effluves qu'il continue de générer.

Je cherche donc : un guindeau électrique soit pour la chaine de 15mm soit pour une de 12mm (plus courant qui servira pour le cabotage). Des idées pour alimenter le nerf de la guerre - la caisse de bord - celle-ci commence à manquer pour les modifications du gréement.

A bientôt et bon vent !!!

Avril 2008

7 petits jours pour un programme chargé: installer la radio (avec pose de l'antenne sur l'artimon et faire la grimpette 4 ou 5 fois, poser des rivets de 5mm avec une pince standard, percer en haut, en bas et faire passer le câble), finir l'antidérapant sur le pont (en jouant avec la météo - la pluie était au rendez vous), regarder passer les copains qui allaient virer la tour du cochon pendant que bibi trimait sur son "canote".

et le gros morceau: faire le vide (temporaire) pour nettoyer, brosser et peindre les pièces qui attendaient depuis 7 ans qu'on s'en occupe; pendant que mon magicien d'ébéniste s'employait à faire un plancher de carré remplaçant le capot moteur, posait bannette de navigation et équipet (penderie et placard).

mais les photos vous en diront plus qu'un long discours allez voir dans le coin des lecteurs

Eté 2007

1ere partie - 1 petite semaine pour mettre 3 réservoirs a bord: 2 pour l'eau et 1 pour le gasoil. après 3 jours d'efforts les réservoirs d'eau étaient en place branchés et raccorde au robinet de l'ex cuisine: Hourra, comme il est bon d'avoir l'eau courante juste en ouvrant le robinet...au lieu de pomper du pied gauche ou droit ou de remplir l'évier avec des bouteilles pour pouvoir laver les mains, la figure ou... la vaisselles.

Il y a un autre endroit pour les parties du corps, située a l'avant du bateau ;-) Ceci sera installe plus tard car il faut réorganiser les toilettes, monter une douche et changer le lavabo de place.

Enfin dans la tradition de poisse qu'a aussi expérimenté Bardiaux, le réservoir a gasoil de 380 litres était hors d'usage rempli de débris /copeaux de plastique ... découvert lors du perçage du tour de remplissage après 2 jours de travail d'installation et de raccordement! Je suis devenu fou car ceci est indétectable a l'achat car le trou ne peut être percé qu'après installation a poste du réservoir. Alors il a fallu a nouveau basculer le lourd panneau central de pont pour laisser passer la grosse boite (2mx1,8mx0,40m). 2 mois plus tard j'ai du faire un court séjour a bord pour installer le nouveau, en passant par le chemin inverse, percer a nouveau (un peu tendu) et - hourra - cette fois ci était la bonne, il était propre et prêt a l'emploi.

2eme partie - la semaine prochaine a La Roche Bernard pour finir l'arrimage des réservoirs, le test du réservoir a gasoil, mettre et vérifier les voiles ... et croiser les doigts.

Bon